Actualité

Auto

Renault rachète intégralement Flexis, le Tesla des utilitaires

Par Vincent Lautier - Publié le

Renault va racheter les parts de Volvo Group et CMA CGM dans leur coentreprise Flexis, dédiée aux utilitaires électriques de nouvelle génération. Le constructeur français se retrouve seul aux commandes d'un projet vraiment très ambitieux.

Renault rachète intégralement Flexis, le Tesla des utilitaires


Un partenariat qui a tourné court



Flexis, c'est une coentreprise lancée en avril 2024 par trois poids lourds : Renault (45 %), Volvo Group (45 %) et l'armateur CMA CGM (10 %). L'idée, portée par l'ancien patron de Renault Luca de Meo, était de créer une nouvelle génération de fourgons électriques pensés autour du logiciel, avec un ordinateur central embarqué. Le genre de véhicules que certains qualifient de "Tesla des utilitaires". Sauf que voilà : depuis l'arrivée de François Provost à la tête de Renault, les relations entre les trois actionnaires se sont très sérieusement dégradées. Des divergences sur le rythme de développement et les perspectives du marché ont conduit à une médiation judiciaire devant le tribunal de Nanterre, avec la nomination d'un conciliateur. Résultat : Renault rachète tout. Le montant de la transaction n'est pas encore connu.

Renault rachète intégralement Flexis, le Tesla des utilitaires


Ce que Renault récupère



Au-delà de la société elle-même et de ses 150 salariés, Renault met la main sur une plateforme technique de haut vol. Le premier véhicule à en sortir sera le nouveau Trafic E-Tech électrique, construit sur une architecture 800 volts. En clair, ça veut dire une recharge de 15 à 80 % en une vingtaine de minutes, et une autonomie qui pourrait grimper jusqu'à 450 km selon la version de batterie choisie. Deux autres modèles sont prévus, le Goélette et l'Estafette, tous produits à l'usine de Sandouville en Seine-Maritime. Les premiers exemplaires devraient sortir fin 2026 pour une commercialisation début 2027.

Renault rachète intégralement Flexis, le Tesla des utilitaires


Une histoire de gros sous qui vient tout compliquer



Là où ça se complique, c'est sur le plan financier. Au départ, Renault et Volvo devaient investir chacun 300 millions d'euros sur trois ans, et CMA CGM 120 millions. En reprenant 100 % du capital, Renault devra assumer seul les investissements restants. Et le marché des utilitaires électriques reste encore balbutiant chez les professionnels, qui regardent d'abord le coût total de possession avant de basculer. Le constructeur au losange détient 28,7 % du marché français des véhicules utilitaires, derrière Stellantis et ses 38,2 %. La concurrence est donc bien présente, et sans la force commerciale de Volvo Trucks pour aider à écouler les volumes, Renault va devoir avancer tout seul.

On en dit quoi ?



C'est un pari risqué mais qui a du sens. Renault garde le contrôle total d'une technologie qui pourrait faire la différence sur le segment des utilitaires, un marché où le constructeur est déjà bien installé. Par contre, supporter seul l'addition alors que le marché électrique pro avance à reculons, c'est courageux. On vous en avait parlé, François Provost a déjà réintégré Ampere dans le groupe et enterré la marque Mobilize, deux projets phares de son prédécesseur. Flexis est en fait le dernier héritage de l'ère de Meo qu'il garde en vie.